Les gratitudes, Delphine de Vigan

C’est après avoir lu « No et moi », ainsi que « Rien ne s’oppose à la nuit » que j’entame un troisième roman écrit par Delphine de Vigan. C’est une autrice dont j’affectionne particulièrement le talent d’écriture, mais également le choix de ses sujets. C’est elle qui m’a fait découvrir mes premiers chocs littéraires, avec des sujets difficiles qu’elle traite avec justesse.

No et Moi, est le premier roman fictif écrit par Delphine de Vigan que j’ai lu. Paru en 2007, l’autrice traite de la situation des sans abris au travers d’un lien d’amitié naissant entre une jeune surdouée de 13 ans qui propose de présenter un exposé sur les sans abris. De là, Lou Bertignac va rencontrer No, jeune femme de 18 ans, sans domicile fixe, qui va accepter d’être interviewée.

Quelques années plus tard, ma mère me conseille de lire Rien ne s’oppose à la nuit, paru en 2011 aux éditions JC Lattès. Dans ce roman fictif, l’autrice écrit à propos de sa mère, de son suicide, de sa vie. C’est une sorte d’exorcisme qu’elle tente de pratiquer en reconstituant par l’écriture la vie de Lucile, une mère qu’elle analyse, qu’elle justifie, qu’elle recompose… Suicide, bipolarité, drames familiaux, ce livre nous bouleverse et nous fait réfléchir sur les liens qui unissent les individus et sur l’exercice d’écriture qui permet, parfois, de guérir.

« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences. 
Et la peur de mourir.  
Cela fait partie de mon métier.
Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

Mon avis

L’histoire n’a rien d’original. Il s’agit d’une vieille femme qui commence peu à peu à perdre l’usage des mots. Elle est peu entourée, mais elle l’est quand même. Une jeune femme du nom de Marie, qu’elle a élevé comme sa fille, et un jeune, son orthophoniste, qui l’aide à traverser cette dernière étape de vie.

Mais cette histoire procure un sentiment de compassion, d’attachement pour cette femme, qui perd l’usage des mots, un outil qui l’a accompagné sa vie durant. Ce livre nous fait traverser avec elle, son état d’incompréhension, de doute, mais également de gêne. La gêne d’embêter les autres, de devenir un poids alors qu’elle a été indépendante et autonome jusque là.

Ce livre est une tendre échappée sur l’importance des mots, de leur utilisation. C’est un récit initiatique sur les derniers instants partagés avec nos proches et la reconnaissance que nous leur portons pour les gestes du quotidien.

Je vous recommande Les Gratitudes, qui reste assez léger par rapport aux autres romans que j’ai pu lire de cette autrice. Je le conseillerai comme première lecture afin de voir une montée crescendo et non l’inverse. Je vous souhaite une bonne lecture ! 🙂

Publié par Ilôt lecture

Etudiante en histoire de l'art à Paris, aime lire et souhaite partager ses découvertes.

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