La Passe-Miroir : Les Fiancés de l’hiver – Christelle Dabos

Après avoir entendu mille et une éloges de cette saga, je me lance dans la lecture du tome 1 de La Passe-Miroir. Non sans beaucoup de préjugés et d’appréhensions. Du coup je vais les déposer là. Que ce soit par les réseaux sociaux ou des connaissances, nombreuses sont les présentations et recommandations que l’on m’a faites sur cette histoire. Et plus on m’en disait, plus ça me refroidissait.

  • Une héroïne maladroite et timide : Le Journal d’une Princesse ou tout autre livre jeunesse…
  • Un univers hyper riche et magique : Harry Potter, Tara Duncan, Narnia
  • Une relation entre la fille timide et le mec ténébreux : … J’ai vraiment besoin d’en dire plus ?
Hermione ou Ophélie ?

Comme je l’ai dit, tous les arguments que l’on me donnait, je les assimilais à la saga Tara Duncan que j’avais lu étant petite et que j’avais a-do-ré (d’ailleurs je conseille à tous les petites filles qui entrent au collège !!). L’héroïne qui se retrouve propulsée dans un univers complètement différent du sien, qui découvre tout un nouveau monde et qui possède des pouvoirs extraordinaires… Alors ? Tara Duncan ou La Passe-Miroir ? Ce qui explique ma réticence à lire cette saga. Je vais constamment juger et comparer à mes précédentes lectures. Et je sens que je vais être très critique… parce qu’on me l’a vendue comme THE histoire incroyable que tu trouveras nulle-part ailleurs. Alors je préviens, je vais pas être très tendre.

« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons particuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottant du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. » – quatrième de couverture Les Fiancés de l’hiver.

-Place à la lecture-

[Chapitres 1 et 2] L’univers me fait penser au Château ambulant de Howl et les descriptions à travers le regard timide et maladroit d’Ophélie me font tout visualiser comme un dessin animé. A part ça, notre Ophélie qui est envoyé au « Pôle », c’est pas un peu comme notre facteur dans le film Klaus ? Le héros de l’histoire envoyé dans une région très inhospitalière par son père pour y effectuer une mission plutôt… compliquée ? Ophélie, elle, est envoyée dans un endroit présenté comme pas ouf pour y effectuer une mission… pas ouf ?

[Chapitre 3 et 4] Je visualise vraiment tout l’univers comme un dessin animé Ghibli. Quelque de chose qui me semble très familier et en même temps très surprenant. Ophélie correspond vraiment à l’idée que je me fais de Sophie du Château ambulant. Et je viens tout juste de rencontrer Thorn. Je ne saurais dire s’il s’agit de Viktor Krum (cf Harry Potter pour les incultes), l’homme à l’accent dur et aux multiples cicatrices… Ou de Klaus dans le film de Noël, l’homme froid et dur qui fait peur au début mais cache un petit coeur meurtri…

[Chapitre 5 et 6] Je découvre un peu plus Thorn et Ophélie. Bien qu’Ophélie me laisse quelque peu… indifférente (?) [non, vraiment, elle ne fait que suivre gentiment, donc je ne peux même pas la détester ! Comme dit le grand-oncle d’Ophélie, on dirait qu’elle se cache derrière ses cheveux, derrière ses lunettes, derrière ses murmures (p.89)] … j’aime beaucoup Thorn par ce mystère, sa carrure, et sa froideur piquante.

[Chapitre 7 : 100 pages lues] Jusque là c’était une introduction à l’univers et aux personnages principaux. Bon. Ok, c’est intrigant mais à quand le début de l’action ?

[Chapitre 8 et 9] Je ne comprends absolument rien à la description de la Citacielle. Encore que, tout ce qui est culturel, c’est un copié collé de la Laponie, (coucou petit facteur du film de Noël), mais alors il y a des détails qui m’échappent quant à la logique scientifique de cette histoire. Habituée des livres qui tentent de prouver la logique de leurs mondes par A et B, celui-ci présente sans pour autant expliquer et c’est frustrant. Je veux bien qu’il y ait une force mystérieuse qui tienne tout ce truc en l’air… Mais pourquoi ? Dans quel but ? Le sol de l’arche n’est pas assez bien pour ces nobles ? Vous savez que plus on monte en altitude plus il fait froid ? Donc quelle est la logique, si ce n’est pas le climat ?

[Chapitre 10 et 11] Je continue d’apprécier mon voyage au travers des yeux d’Ophélie. Tout ressemble à un film Ghibli, comme je l’ai déjà dit. Je m’habitue à l’inaction d’Ophélie : son rôle, jusque là, est principalement de découvrir et de faire office de caméra pour nous permettre d’avancer dans ce monde et rencontrer tous ces personnages.

[Chapitre 12 et 13] Berenilde a peut-être pointé du doigt un problème qui a amené mon jugement pré-lecture : l’argument « c’est original, l’héroïne est moche. » Ophélie n’a rien de moche ! Et Berenilde explique : « Hier, vous vous qualifiez de ‘quelconque’, aujourd’hui de ‘maladroite’. […] Je vais finir par croire que vous ne souhaitez pas que je vous apprécie, ma chère enfant. Ou bien vous êtes trop modeste, ou bien vous êtes fausse. » (p.151) Il me semble qu’Ophélie se cache derrière une certaine façade, qu’elle joue de son côté maladroit et timide pour ne prendre que peu de place dans ce tome. Elle est véritablement narratrice et non actrice de cet univers. Et personnellement je trouve que ses défauts lui donnent un charme très mignon. La mocheté physique ce n’est pas juste avoir des lunettes, des cheveux en bataille et être de petite taille. Ces trois arguments de « mocheté » sont si souvent sollicités pour vendre des personnages beaux… Pour une fois, laissez moi la défendre, la pauvre, Ophélie a tout de l’héroïne classique mignonne qui va se révéler par sa personnalité, cachée derrière un physique qui ne paye pas de mine, mais qui n’est certainement pas moche.

[Chapitre 14 et 15 : 200 pages] L’univers me plaît beaucoup. Le personnage de Thorn me fascine par sa froideur, presque sympathique pour moi. Le personnage d’Ophélie me lasse par moment. J’aime découvrir par ses yeux, et encore plus la découvrir par les yeux des autres. Mais quand elle explique ses choix, je ne l’aime pas. Parce qu’elle se cache derrière des excuses, derrière sa maladresse. Elle s’excuse presque d’exister et je n’aime pas du tout ça.

[Chapitre 16 et 17] Comment dire… J’aime bien cette histoire, j’essaie de m’y plonger un maximum. Comme je l’ai déjà dit, j’ai l’impression de découvrir un nouveau film Ghibli. Mais bien que l’écriture propose un vocabulaire riche… cela en devient très -trop- lourd et ralentit énormément ma lecture. J’ai l’impression que rien n’avance, que l’écriture m’empêche d’avancer dans l’histoire. Je n’ai pas encore lu la moitié du livre et je sens comme l’ennui monter car tout me semble stagner et être ralentit par des mots. Je veux bien qu’on profite du vocabulaire très riche de la langue française, mais cela peut faire un peu pédant à la longue.

[Chapitre 18 : 1ère partie lue] Honnêtement ? Je pourrais m’arrêter là, ça me suffirait. Je me traine. Cette histoire traine un peu en longueur par moment. En espérant que la deuxième partie chez Archibald soit plus palpitante… Illona et Jeanne m’ont dit que j’allais adorer ce personnage. Je l’espère. D’ailleurs, il a pas un air à l’épouvantail du Château ambulant ?

[Chapitre 19 et 20] Je viens de découvrir le domaine d’Archibald. Et même si j’essaie de rester plongée dans cette histoire. Ca ne me vend plus du rêve et ça me frustre. Je veux suivre Berenilde et pas Ophélie. Ophélie m’ennuie. Renard ne m’intéresse pas le moins du monde. Avoir l’histoire du point de vue de Thorn aurait peut-être été plus intéressant avec tout l’aspect politique et tensions entre familles. Je commence vraiment à me lasser d’Ophélie, qui ne fait que regarder les gens faire leurs vies sans jamais y participer. Je ne sais pas comment elle peut s’en sortir, mais ça me frustre de la voir oser à des moments et se cacher derrière sa timidité à d’autres. On dit qu’elle a du caractère… je l’attends toujours.

[Chapitre 21 : 300 pages lues] Hâte qu’Ophélie prenne enfin part à l’action.

[Chapitre 22 et 23] Les remarques d’Ophélie sur le Pôle sont déconcertantes… En tout cas, cette hiérarchie sociale n’a absolument rien de nouveau. Je suis désolée, mais j’ai l’impression de lire la description de la Cour sous n’importe quel ancien Roi. A part l’ennui d’Ophélie, j’ai été contente de retrouver Thorn l’espace d’une page… il ramène un peu de piment dans ce plat qui perd en saveur.

[Chapitre 24 et 25] Ah non ! Ah non non non, je suis chafouin, pas contente. C’est quoi ça ?? J’étais si contente de retrouver Thorn, de retrouver ce piquant que je lui admire… Pour qu’Ophélie gâche tout avec ses pensées mielleuses sur l’Amour ? Elle suppose que Thorn tombe amoureux d’elle parce qu’il lui montre une amitié de base ! Non, non, non, ma chérie… Le mec t’a vue 3 fois à tout casser, on va éviter de se faire des a priori juste parce qu’il devient gentil. Et si Thorn tombe vraiment AMOUREUX… eh seigneur… quel amour NUL !! Les gars, ils se sont vus trois fois, il ne la connait pas plus que je ne connais mon prof de marketing ou ma prof de statistiques. Ou alors, la seule explication, c’est un coup de foudre à retardement. Et Ophélie qui se la joue « il a pas le droit »… ne mens pas, on sait que tu es ravie d’avoir enfin un pote sur cette arche.

[Chapitre 26 et 27] Je pense qu’Ophélie commence à entrer en action, à mener ses petites affaires seule et à se frayer un chemin dans ce monde. Elle commence tout juste à trouver sa place et à donc s’y affirmer et ça fait du bien ! Punaise !

[Chapitre 28 : 400 pages lues] Décidément, j’admire de plus en plus Thorn, son intelligence, et son calme. Pour Ophélie, j’oscille entre peine et agacement. Elle suppose des sentiments chez Thorn que j’associerai personnellement plutôt à de la considération, du respect et une forme d’amitié à Ophélie, mais pas encore de l’Amour (loin de là).

[Chapitre 29 et 30] Je viens de comprendre : « Pénétrer dans ce monde par les coulisses était une expérience fascinante » (Ophélie à l’opéra, p422). Ophélie découvre le monde de la Citacielle en observant les coulisses pour tenter de comprendre ce qu’il se passe sur scène. C’est intéressant, mais ça l’aurait été encore plus si elle avait participé à tout ceci. Un simple documentaire sur la Citacielle c’est bien, mais faudrait-il éviter de rester observateur. L’acteur principal du livre, qui joue sur scène sans se préoccuper des coulisses que découvre Ophélie, c’est clairement Bérénilde, tandis que le metteur en scène que tente de suivre Ophélie, c’est Thorn. Ce qui explique mon côté un peu lassant quand Thorn n’est pas là et que Bérénilde joue sur scène sans qu’Ophélie ne sache quoi faire.

[Chapitre 31 et 32] Mais quelle bouffée d’air frais de voir Ophélie s’imposer face à Thorn, puis Bérénilde. On dirait comme l’histoire de la grenouille qu’on met dans de l’eau et qui ne réagit qu’une fois l’eau devenue bouillante.

[Chapitre 33 et 34] Qu’est-ce que c’est frustrant de voir l’action de cette histoire ne commencer qu’à la fin !! Ce livre a été une balade de long en long, nécessaire et sympathique, certes, mais qui aurait pu être plus rapide pour ouvrir l’action un peu plus tôt. L’auteure avait vraiment prévu de faire une saga et chaque livre ne peut fonctionner individuellement. J’aime pas. Ca force les gens à continuer ne serait-ce que pour ENFIN découvrir l’histoire….. Avoir une introduction de 500 pages… on aurait pu faire plus simple. Après, il s’agit d’une histoire issue d’un concours. Il s’agissait là de vendre un univers avant d’entamer une histoire si le livre gagnait, je suppose. Tout comme l’écriture qui se devait d’être très riche pour montrer sa culture. Je m’en serais personnellement passée dans un livre normal, mais pour un concours, je comprends.

[Chapitre 35 et 36] Ophélie qui dit « tout est de ma faute ». Eh ma chérie tu as RIEN fait de tout le bouquin, comment ça, tout est de ta faute ?

Avec le recul, le fonctionnement de la Citacielle ressemble pas mal à Tara Duncan avec des illusions pour cacher la misère (dans l’univers de Tara il y a aussi l’inverse pour éviter de payer l’ISF), des ascenseurs et des Roses des Vents pour se déplacer (chez Tara, c’est la salle des portails qui permet de partir d’un château à l’autre), et des maisons avec leur propre personnalité (dans l’univers de Tara, des châteaux entiers créé des illusions, y a quoi ?). Oui je reste dans la comparaison, parce que j’ai grandi avec cet univers. Le tome 1 de Tara Duncan propose une histoire complète, tout en introduisant un univers avec des codes différents dans chaque château. Son seul défaut reste l’écriture très simple, puisque les livres s’adressent à des collégiens, voire primaires, qui vont grandir en même temps que le personnage principal (oui, oui, très inspiré de Harry Potter, je vous l’accorde). Pour en revenir au tome 1 de La Passe Miroir, c’est sympa pour un livre de concours, mais il ne répond pas du tout à ce que j’attends d’un livre à un premier tome d’une saga que j’aurais lu pour mon plaisir. Si Illona ne m’avait pas proposé de lui emprunter les livres, je peux honnêtement dire que je n’aurais pas acheter le 2, de peur de lire une seconde introduction à cet univers. (Pitié, faites que ça ne soit pas une deuxième introduction de 500 pages).

Pour finir, je vous propose donc de découvrir (ou faire découvrir à vos petits frères/petites soeurs) l’univers de Tara Duncan (je fais ma pub, oui, quel est le problème ? Cette histoire a profondément marqué mon enfance). Et si vous avez bien aimé les personnages de Ophélie, Thorn et Archibald, regardez le film Le Château ambulant je vous en supplie… Si c’est l’histoire d’un personnage qui se retrouve dans un pays froid où les gens se détestent, qui vous a plut, allez jeter un oeil au film Klaus, vous ne le regretterez pas !

Publié par coeurcarreau

23 ans, le vis bien. Etudiante à emploi du temps de ministre. Très bonne élève en créativité, un peu moins en réactivité.

3 commentaires sur « La Passe-Miroir : Les Fiancés de l’hiver – Christelle Dabos »

    1. Merci ! L’intrigue ne m’a pas semblé compliquée, mais l’univers en lui même présente des rouages assez complexes dont la présentation est développée sur tout ce premier tome (500 pages quand même). Je pense que l’intrigue sera plus développée dans le tome 2. Je réfléchis à en faire un autre article à ce sujet, comme j’ai fait pour ce tome 1…. A voir 😊

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