Vampyria – Victor Dixen

Mon frère avait offert le tome 1, La Cour des ténèbres, à ma mère pour Noël 2020. Je n’avais absolument pas prévu de le lire, mais elle a tellement adoré que je l’ai ajouté à ma (longue) liste de livres à lire. Et puis, il s’agissait de la nouvelle saga de Victor Dixen, l’auteur de Phobos, que j’avais adoré. Qu’est-ce qui pouvait mal se passer ?

Ellipse de 10 mois : octobre 2021.

J’ai lu le tome 1 de Vampyria, et je n’ai pas du tout accroché (je vous expliquerai plus tard). En discutant avec Illona, je lui prête le livre et je redécouvre cette histoire avec elle. De son côté, c’est un coup de coeur. Pareil avec une autre amie qui partage de nombreux points avec l’héroïne de l’histoire :

Bonjour, je m’appelle Jeanne, je viens d’Auvergne et j’ai les cheveux coupés au carré.

Elles adorent tellement que pour Noël 2021, on décide avec Jeanne d’offrir le tome 2, La Cour des miracles à notre référente littérature : @ilot_lecture. Evidemment, elle adore. Je me décide donc de donner une seconde chance à cette série…

« Tu vas t’épanouir à Versailles telle une fleur exotique. Les vampyres du palais raffolent de tout ce qui sort de l’ordinaire. Mais attention : la Cour des Ténèbres a ses codes, ses pièges mortels, et le moindre faux pas s’y paye au prix du sang… » En l’an de grâce 1715, le Roy-Soleil s’est transmuté en vampyre pour devenir le Roy des Ténèbres. Depuis, il règne en despote absolu sur la Vampyria : une vaste coalition à jamais figée dans un âge sombre, rassemblant la France et ses royaumes vassaux. Un joug de fer est imposé au peuple, maintenu dans la terreur et littéralement saigné pour nourrir l’aristocratie vampyrique.

Trois siècles plus tard, Jeanne est arrachée à sa famille de roturiers et catapultée à l’école formant les jeunes nobles avant leur entrée à la Cour. Entre les intrigues des morts-vivants du palais, les trahisons des autres élèves et les abominations grouillant sous les ors de Versailles, combien de temps Jeanne survivra-t-elle ? » – résumé de la Cour des Ténèbres

Victor Dixen se présente comme un fan de fantasy et de science-fiction. L’un des univers qui l’a le plus marqué est celui du Seigneur des Anneaux de JRR Tolkien, et on en retrouve l’influence dans le « world building » de l’auteur, dans sa volonté de créer et de développer des mondes entiers où vont évoluer ses personnages.

Pour la construction de ses univers, Victor Dixen se base beaucoup sur son vécu personnel et tout un tas de recherches complémentaires. Pour Vampyria, l’auteur s’est appuyé sur ses moments de vie proche du château de Versailles, ainsi que sur la découverte de la part sombre du règne de Louis XIV, comme l’Affaire des Poisons et l’importance de la sorcellerie et de l’alchimie en plein siècle des Lumières. Il en fait « sa propre cuisine » et créer des univers mêlant réel et irréel.

« Je pense que tous les auteurs recyclent des matériaux existants qui viennent de leurs vies ou de leurs lectures » – Victor Dixen dans Pod’Tacks

Victor Dixen est aussi très attaché au développement de sagas, qui lui permettent de développer ses univers au maximum. Il tente de rapprocher le lecteur au plus près de ses personnages et d’offrir une part de rêve au-delà de ses livres. L’auteur a récemment développé divers objets annexes à son univers vampyrique avec la parution du Tarot Interdit, présenté dans le tome 2, La Cour des Miracles.

« Ce que j’adore en tant que lecteur, c’est de rester immergé dans des univers fictionnels, même une fois le livre fermé. J’adore tout ce qui va nourrir l’imagination au delà et en périphérie du texte. » – Victor Dixen dans Pod’Tacks

Ainsi, l’auteur de Vampyria aime créer et innover à partir d’éléments déjà existants. C’est aussi le cas dans le choix du style de ses livres. L’univers de Vampyria est une uchronie (événements fictifs partant d’un point historique) qui mélange fantasy et roman historique, et dont chaque tome présente un genre littéraire différent et une histoire complète (introduction, développement, conclusion). En premier, l’auteur a décidé d’introduire son univers et ses personnages dans un roman d’apprentissage gothique, où l’héroïne se voit confronter à une épreuve et doit vite apprendre à s’adapter. Le deuxième tome est présenté sous forme de roman d’enquête et une réflexion sur la société du XVIIIème siècle. Le troisième roman (actuellement en cours d’écriture) sera encore présenté sous un nouveau genre et partira dans un autre recoin de l’univers vampyrique.

Victor Dixen présente aussi un attachement particulier aux personnages qui ne fonctionnent pas/plus/mal dans la société dans laquelle ils vivent. À travers eux, il nous présente une autre vision du monde et une réflexion sur notre propre place. Le but de ses personnages est de s’affirmer dans leur originalité, et de se (re)créer un monde sécuritaire.

« [Les] choix [de Jeanne] parfois me bluffaient vraiment. Je me disais ‘mais elle va pas faire ça quand même ?‘ Elle le faisait, elle faisait encore pire. J’avais un moment de recul et en même temps j’étais admiratif par rapport à sa force de survie. » – Victor Dixen avec anneliterarum (21 novembre 2020)

L’auteur aime aussi présenter des personnages complexes avec une grande marge d’évolution. Tandis que Jeanne ne m’avait pas du tout touchée dans le tome 1, j’ai pu la (re)découvrir dans ce tome 2. Je m’explique, dans le tome 1, l’héroïne est motivée par un sentiment qui m’est totalement étranger, voir incompréhensible : la vengeance. Dans ce tome 2, je la retrouve beaucoup plus réfléchie et prenant du recul sur ses actes. Le travail d’évolution de ses personnages est très bien mis en valeur par l’auteur.

« Il faut donner toutes les chances au personnage d’évoluer. il faut pas avoir peur d’avoir des personnages imparfaits. »

– Victor Dixen avec anneliterarum (21 novembre 2020)

L’avis de Caroline et Illona : 7,5/10

L’écriture : 6/10. 

6/10 : C’est une écriture assez simple, accessible à tout le monde, et qui tente de se faire une part de poésie. Victor Dixen est autodidacte et s’améliore à chaque roman. On ressent la recherche d’une écriture simple et percutante qui parle à beaucoup et transporte rapidement. Cependant, sa quête de la « phrase choc » et du bon mot peut rendre la lecture un peu lourde et kitch par moment.

6/10 : Honnêtement, ce n’est pas pour l’écriture que je lis cette saga, mais avant tout pour son univers. Dans le Young Adult (un style que je lis très peu), c’est ce côté écriture moins travaillée qui me laisse réticente à chaque fois. Toutefois, même avec un sublime univers, un livre mal écrit resterait un livre mal écrit et je ne saurai le finir, alors que là… j’adore ! Il y a encore une sorte de maladresse chez Victor Dixen, mais une amélioration certaine de tome en tome.

L’histoire de La Cour des Miracles: 7,5/10. 

7,5/10 : C’est une véritable enquête au coeur d’un Paris plutôt misérable. Victor Dixen nous dépeint un contexte social dur tout en nous entraînant après un personnage mystérieux, la Dame des Miracles.

7,5/10 : J’ai beaucoup aimé découvrir Paris dans un décor de pauvreté, contrastant avec Versailles. Finalement, c’était la vie des écuyers et du petit peuple, ainsi que du passé… (je n’en dis pas plus!)

Les personnages : 8,75/10. 

8,5/10 : Comme présenté plus haut, Victor Dixen aime les personnages qui évoluent et mûrissent au cours de leurs épreuves. J’avais eu beaucoup de mal avec Jeanne lors du tome 1 car la vengeance est un sentiment qui m’est totalement étranger et incompréhensible. Je suis tête de mule, mais j’arrive à me remettre en question, tandis que l’héroïne de ces livres me paraissait trop immature, se cachant derrière de fausses excuses. Dans le tome 2, j’ai découvert une héroïne beaucoup plus réfléchie, ce qui a apaisé mon sentiment négatif. Et le gros plus de la saga, pour moi, sont tous les personnages qui gravitent autour de Jeanne. Tous, sans exception, me fascinent et me donne envie de les connaître, de voir Jeanne dialoguer avec eux et apprendre de ses rencontres. J’espère vraiment en recroiser certains dans le prochain tome !

9/10 : RALALA ! Mais la fin de ce tome me frustre ! Il y a tellement de personnages (surtout un!) avec lesquels je voulais continuer de dialoguer à travers Jeanne… C’est ce que j’adore dans cette saga, autant que l’univers, les personnages sont incroyables et apportent une grande richesse au roman.

Mention spéciale : L’univers : 7,75/10.

7,5/10 : l’univers de Vampyria est très riche et promets de nombreuses découvertes. Malgré une sensation de déjà-vu et de simplicité (voir les séries proposées en fin d’article), l’univers demande à être découvert à travers les yeux de ses personnages. Ce que j’ai le plus aimé, ce sont les relations et les liens créés entre chacun, l’évolution de tout ce petit monde. J’ai hâte de découvrir la suite.

8/10 : J’espère que notre chère Jeanne est une globe-trotteuse et qu’elle souhaite nous emmener voir cette Magna Vampyria…

Pour continuer dans cet univers et ce genre d’histoire de transmutation et de royaume… Voici une petite sélection qui pourrait vous inspirer :

Des nobles transmutés et une Fronde plus décidée que jamais :

Mi-Vampyria mi-Covid, un cocktail horrifique :

Pour accompagner votre lecture :

Publié par coeurcarreau

23 ans, le vis bien. Etudiante à emploi du temps de ministre. Très bonne élève en créativité, un peu moins en réactivité.

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