Les mains du miracle ou le masseur du diable

Aujourd’hui, je vous présente une chronique à propos du livre de Joseph Kessel, Les mains du miracle aux éditions Folio, paru pour la première fois pendant les sixties, cette période révolutionnaire aux odeurs de festivals de musique et des pays comme les Etats-Unis et l’Angleterre en plein boom économique. Sachez que tout ce qui va suivre est vrai…

Il s’agit d’un billet pas comme les autres puisque c’est ma première lecture commune avec @armoirealire (Instagram). Je vous mets un lien vers son blog pour connaître son avis sur cette lecture qui complète le lien : ICI.

 » Il n’est point d’homme dont l’aventure semble à première vue aussi peu croyable. Mais il n’est point d’homme, par contre, dont l’aventure ait subi une vérification aussi minutieuse. Elle a été scrutée par des érudits, des juristes et même par des adversaires politiques. Elle a triomphé de toutes les épreuves.« 

Prologue, Joseph Kessel à propos de Félix Kersten

Qui est Joseph Kessel ?
Il s’agit d’un romancier français qui connaitra la première et la seconde guerre mondiale, pendant lesquelles il sera respectivement aviateur et correspondant de guerre pour la Résistance.
De ces moments, il en tirera des témoignages d’hommes exceptionnels et un fort devoir de mémoire. Il publie son premier succès L’Équipage en 1923 et Les Cavaliers en 1969, roman considéré comme son chef d’oeuvre.
Mais entre ces deux-là, il écrit Les mains du miracle, qui relate de l’incroyable destin du Docteur Félix Kersten, qu’il a rencontré au cours de soins dont il eu besoin.

Chapitre 1. L’élève du Docteur Khô

Joseph Kessel présente la famille Kersten et ses racines dans ce premier chapitre. Autrefois bourgeois hollandais, les Kersten ont fini par s’installer en Allemagne de l’Ouest mais un incendie ruina leur fortune au XVIe siècle. Après une autre tragédie, la famille Kersten avança encore plus à l’Est, dans la Russie des tzars où s’établirent le couple Frédéric Kersten et Olga Stubing. 

Cette dernière avait des dons pour soigner les gens avec ses mains et mit au monde un fils en septembre 1898, que le parrain prénomma Félix, en hommage à Félix Faure, Président de la République française à cette époque.  Ce garçon grandit dans un climat familial tendre et généreux, mais ayant fort peu de succès à l’école, son père l’envoya faire ses études dans une école connue pour sa rigueur. 

« Jusque-là, ce grand garçon gourmand, assez gras, insolant et rêveur, avait mal compris l’acharnement au travail que montrait son père. L’instinct de conservation lui fit adopter d’un seul coup cette vertu. Elle entre dès lors dans la règle de toute sa vie. »

Joseph kessel

La première guerre mondiale débute. Félix Kersten rejoint à contre-coeur l’armée en 1917 et deviendra officier finlandais. En 1919, il retrouve après la fin du conflit ses parents déportés, dans la ville où il est né. Dès lors, Félix réfléchit à son avenir et fini, sur les conseils du major Ekman, par entreprendre des études de masseur. Il y connait un fort succès et développe un grand intérêt : le don de sa mère semble s’être transmis. Lorsqu’il reçoit son diplôme, il lui est conseillé de poursuivre ses études en Allemagne. 

A son arrivée à Berlin en 1921, il est logé par la famille Lube, dont la fille cadette, Elisabeth Lube, devient une amie et alliée de Félix, leur amitié durera plus de quarante années.

Le professeur Bier est celui qui orchestra un dîner, celui où l’étudiant Félix Kersten fût introduit devant le professeur Khô, né en Chine mais qui avait grandi et appris le massage dans un monastère tibétain. Khô proposa de prendre pour disciple Kersten, qui accepta de toute apprendre de lui. Puis, trois années passées à apprendre à ses côtés, Khô décida de rejoindre son monastère et laissa sa clientèle à Kersten. 

Chapitre 2. Un homme heureux

Suite au départ de son maître, le docteur Félix Kersten écopa d’une large et stable clientèle, lui fournissant une très bonne situation matérielle et financière. Il commença à soigner tellement de personnes qu’il fallait compter trois mois pour être examiné. Kersten fût également demandé par les familles royales, aux Pays-Bas et en Italie, embellissant alors sa réputation. Il profita de sa fortune pour acheter des propriétés et quelques temps plus tard se maria avec Imgard et eu un enfant. 

C’était un homme heureux. Tellement heureux que la montée au pouvoir d’Hitler passa inaperçue pour lui. Mis à part aider, lorsqu’il avait connaissance de juifs en détresse, Kersten gardait ses distances, personne n’aurait pu l’empêcher de jouir de son bonheur : sa famille et amis, ses patients et sa gourmandise. 

Chapitre 3. L’antre de la bête

Deux amis berlinois du docteur lui demandent un service, et c’est ainsi que tout commence. Félix Kersten est plongée dans l’antre de la bête, au sein du lieu de résidence de Himmler. Il doit le soigner, et à son plus grand regret, ce diable ne peut se passer de ses services. Qu’adviendra t il de lui ?

Une grande réflexion s’impose après cette lecture, une certaine remise en question avec cet autre point de vue de l’histoire. Peut-on plaindre Rudolf Brandt de son sort après la seconde guerre mondiale ? A-t-on le droit de soigner un patient même si celui-ci commet les plus grandes atrocités chaque jour ?

Gauche à droite : Heinrich Himmler, Rudolf Brandt, Félix Kersten, Félix Kersten avec Einrich Himmler.

Publié par Ilôt lecture

Etudiante en histoire de l'art à Paris, aime lire et souhaite partager ses découvertes.

5 commentaires sur « Les mains du miracle ou le masseur du diable »

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