On n’y voit rien, Daniel Arasse

Lecture d’un nouvel essai ! Il s’agit d’un écrit de Daniel Arasse, un des historiens de l’art les plus connus, venant faire écho à notre perception des oeuvres, comme j’ai pu en parler dans mon article sur Pierre Bourdieu, L’amour de l’art (cliquer si vous l’avez loupé).

Comment perçoit-on une oeuvre d’art ? L’interprète-t-on de la bonne manière ? A quel moment une personne est-elle dans le vrai quant à la signification qu’elle donne à l’oeuvre ? Pourquoi un historien de l’art est-il plus apte à examiner un tableau qu’une autre personne ? 

Dans ce livre publié aux éditions Folio essais, Arasse nous offre six nouvelles tâchant de répondre à ces questions.

  1. Cara Giulia

Sous forme de lettre, Daniel Arasse rédige un avis controversé au sujet du tableau de Tintoret, Mars et Vénus surpris par Vulcain. Il reprend chacun des arguments et hypothèses formulés par son amie Cara Giulia et les contredit, mettant alors en avant les points suivants : être historien de l’art n’empêche pas les contradictions, les remises en questions et les erreurs d’interprétation, d’analyse du sujet de l’oeuvre. 

Pour ce tableau, Daniel Arasse évoque son regret de voir que son amie filtre son interprétation par des lectures pour comprendre la toile, alors que lui préfère partir du tableau et ses impressions afin d’analyser puis recouper son sentiment à des textes de l’époque. 

Le miroir révélateur

Il ne s’agirait pas du thème traditionnel qu’est celui du mariage, cette tradition qui à la Renaissance justifie la sexualité. Au contraire, ce tableau évoquerait les comédies érudites des couples mal assortis, du mari trompé et ridicule.

2. Le regard de l’escargot

Francesco del Cossa, L’Annonciation, 1470-1472

Le voyez-vous ? De quoi suis-je en train de parler ? Eh bien, regardez ! Il est juste là, cet escargot… Ce détail, cet ajout du peintre, que représente-t-il ? Daniel Arasse, à nouveau, expose son point de vue, en le croisant avec d’autres analyses afin, soit de les contredire, soit d’appuyer son hypothèse. 

Cet escargot participerait à la mise en perspective du tableau, il guiderait le regard du spectateur. Mais pas que. C’est un sujet controversé, laissez-moi vous exprimer simplement l’hypothèse de l’auteur : il s’agirait d’exprimer, dans cette annonciation, ce qui est invisible, non perceptible par l’homme, c’est-à-dire le divin, Dieu le père.

« Vous ne voyez rien dans ce que vous regardez. ou, plutôt, dans ce que vous voyez, vous ne voyez pas ce que vous regardez : l’invisible venu dans la vision. »

Daniel Arasse

Ce court folio vient, de manière plus intimiste questionner notre perception des œuvres d’art, dans l’optique de nous donner accès à la lecture de tableaux, que l’on soit novice ou non.

Bonne lecture et très bon dimanche à vous.

Publié par Ilôt lecture

Etudiante en histoire de l'art à Paris, aime lire et souhaite partager ses découvertes.

4 commentaires sur « On n’y voit rien, Daniel Arasse »

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