A la découverte de la plume d’Anaïs Nin

Auletris, publié en français en 2018, réunit deux nouvelles érotiques écrites par Anais Nin dans les années 1940. Non seulement, pour la première fois je lis du Nin, mais je découvre également ce registre de la littérature. Dès le départ, je me laisse happer par les lignes, envoûtée et émerveillée par cette femme dont j’ai tant entendu parler et qui se considérait comme la « Maquerelle de la littérature érotique ».

« Auletris contient deux histoires inédites d’Anais Nin écrites pour un collectionneur, des textes retrouvés à la faveur d’une vente aux enchères à Baltimore. Une vision féminine de la sexualité, libre, inventive et transgression. »

1. Marcel

Cette première nouvelle met en scène une femme du nom de Mandra et ses aventures sexuelles. Mandra est une femme mariée. Mandra est une femme avec des amants. Elle aime et elle se laisse aimer. Elle fantasme et répond aux envies des autres. Hommes. Femmes. Peu importe, tant que l’attirance est là.

« Jouir n’est possible que si l’on accepte ses désirs ».

Mandra à Marcel

L’idée principale qui ressort est celle que l’érotisme est le réceptacle d’une combinaison de deux éléments : le corps et l’intellect. Le corps peut ressentir, réagir. Mais pour cela, il devra en effet accepter ses idées, ses envies, ses désirs. Dans le cas contraire, il se crispe, il se tend et ne peut agir comme bon lui semble.

Mandra est une femme libre qui accepte ses désirs, dépasse les mœurs et fait confiance à ses envies.

2. La vie à Provincetown

Dans cette seconde nouvelle, Anaïs Nin nous propose un récit érotique au travers de la ville de Provincetown et des histoires de ses habitants. On retrouve à nouveau la femme à la sexualité libre qui fera vibrer les hommes et qui s’offrira à qui la veut. Toutefois, l’auteure s’attaque à pan différent : le voyeurisme. Ce fantasme stimulé par la vue, par l’ouïe. L’histoire se construit autour des habitants d’un immeuble aux murs fins, où tout le monde entend tout ce qui s’y passe.

« Elle laissa échapper un cri de volupté ».

Ce recueil m’a plu, dans sa construction, dans son écriture et dans sa liberté. Anais Nin a une plume moderne et poétique. Toutefois, il me semble important d’avertir que certains passages peuvent choquer puisque Nin annonce des débats actuels : quelques fantasmes ne seraient sûrement plus publiés aujourd’hui et les critiques s’empareraient sûrement des mots pedophilie ou #metoo. Néanmoins, ce n’est qu’un avertissement, en sachant que même si c’était une partie dérangeante pour moi, ce n’est pas ce qui fait la force de ce livre. J’ai hâte de relire du Nin, autrement que dans des écrits réalisés sur commande.

Bonne lecture.

Publié par Ilôt lecture

Etudiante en histoire de l'art à Paris, aime lire et souhaite partager ses découvertes.

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