SORCIÈRES La puissance invaincue des femmes

Quelle puissance cet essai écrit par Mona Chollet. Quelle lecture essentielle pour faire preuve de clairvoyance vis à vis de situations auxquelles sont confrontées les femmes.
Dans cet ouvrage, plusieurs thèmes autour de la sorcière sont présentés, remettant en question la fabrication de ce personnage ayant condamné des milliers de femmes, au fil des époques ainsi que leur héritage.

  1. Une vie à soi

Dans ce premier chapitre, Mona Chollet décrit et recense des informations abondantes illustrant ce qu’est le « fléau de l’indépendance féminine ». En effet, la femme indépendante est régulièrement associée à la sorcière, au Moyen-Âge comme aujourd’hui, puisqu’elle est capable de vivre sans homme pour lui dire quoi faire. Des exemples réels, résultat des recherches de l’autrice, m’ont beaucoup perturbé pendant ce chapitre, si ce n’est durant toute ma lecture. Une vie à soi illustre que la femme est en permanence rattachée à la femme de quelqu’un ou à la mère de quelqu’un, mais elle n’est jamais une femme pour soi.

« Mon grand-père peignait souvent ses propres tableaux sur ceux de ma mère, au lieu d’aller acheter des toiles neuves. Pour lui échapper, ma mère se tourna pour un temps vers la poésie, mais rencontra alors mon père, qui, écrivant lui-même des chansons, lui volait ses images poétiques pour s’en servir dans ses propres couplets. »

Erica JONG, Le complexe d’Icare

2. Le désir de la stérilité

Dans ce second chapitre, est évoqué la deuxième « tare » des sorcières, les femmes qui refusent, qui ne souhaitent pas avoir d’enfant. Cette volonté est encore très mal vue aujourd’hui, une pression sociale vivace sur le sujet est présente : on entend souvent l’expression « attention l’horloge biologique tourne » ou encore « à quand un deuxième? ».
Ce qui m’a le plus « plu » dans ce chapitre, c’est l’argumentaire que tient Mona Chollet, et que je rejoins, concernant les militants « pro-vie », plus particulièrement aux Etats-Unis, qui manifestent contre l’avortement et qui pourtant sont favorables à la peine de mort ou encore à la libre circulation des armes. Des convictions assez paradoxales…

3. L’ivresse des cimes

Les vieilles femmes vous font-elles peur ? Vous savez, celles ridées, affaissées, avec de longs cheveux blancs… Non ? Et bien, détrompez-vous, cette partie de la population est également assimilée à l’image de la sorcière, cette femme savante possédant tous les savoirs, qui a fait peur à tant de génération qu’on hésitait pas à les faire également passer sur le bûcher.
Mona Chollet montre dans ce chapitre que, pendant longtemps, la femme moderne s’est teint les cheveux, afin de cacher les cheveux blancs que la nature lui imposait au fur et à mesure… Apparait alors une inégalité entre l’homme et la femme face à la vieillesse. En effet, les jeunes filles entendent qu’il est merveilleux d’être jeune et qu’il faut craindre de vieillir, alors que les hommes, il n’est aucunement question d’avoir peur de vieillir, et encore moins de se teindre les cheveux…

« Paraître jeune, c’est le deuxième boulot à plein-temps de beaucoup de femmes. Celui où on perd de l’argent. » Une dermatologue

Extrait d’un épisode de la série Broad city, mentionné dans Sorcière par M. Chollet

4. Mettre ce monde cul par-dessus tête

Ce dernier chapitre se concentre sur la guerre faite aux femmes qui dénonceraient les injustices, les inégalités qui leur sont imposées. On retrouve à nouveau plein de recherches et d’exemples, notamment celui de la femme médecin qui pendant longtemps a été interdite à pratiquer alors que les « sorcières », proches de la nature, étaient des guérisseuses très douées. Beaucoup d’hommes se sont appropriés des éléments de la médecine en terme de concoctions (déjà utilisées par les guérisseuses), voire le corps de la femme (beaucoup de parties anatomiques féminines ont un nom masculin, par exemple jusqu’en 1997, on parlait des trompes de Fallope, médecin italien du XVIe et non des trompes utérines).

Voilà, ce fût une lecture bouleversante et très enrichissante, et ce que je vous ai cité n’est que 10% du livre, alors je vous recommande vivement de parcourir ses pages. A noter que cet essai a reçu le prix Psychocologies-Fnac 2019.

Bonne lecture.

Publié par Ilôt lecture

Etudiante en histoire de l'art à Paris, aime lire et souhaite partager ses découvertes.

2 commentaires sur « SORCIÈRES La puissance invaincue des femmes »

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